La Milford Track

Amandine et Stéphane sont partis faire la Milford Track et seront loin de chez eux pendant au moins 5 jours. L’occasion parfaite pour leur faire une surprise de taille à leur arrivée !

Ça y est, nous y sommes : le début de la Milford Track. La rumeur parle de cette randonnée comme étant l’une des plus belles au monde et, pour tout vous dire, nous avons drôlement hâte. En effet, avoir la chance de faire ce trek de quatre jours n’est pas donnée à tous. L’itinéraire ne se parcourt que dans un sens, la réservation des refuges est obligatoire et ces derniers ne comptent que quarante lits. Pour couronner le tout, le début et la fin de la marche ne sont accessibles que par bateau. Étant donnée la réputation de cette Great Walk, il est fortement conseillé de réserver un an à l’avance. Les deux aventuriers que nous sommes se sont contentés d’un providentiel coup du sort et nous avons obtenu des places suite à un désistement à peine deux mois auparavant.

Parés à l’aventure !

Jour 1 : de Te Anau Downs à Clinton Hut

Nous y sommes donc ! De Te Anau, la navette nous conduit à Te Anau Downs, l’embarcadère pour la Great Walk. De là nous traversons le lac Te Anau (pour une fois, ils ne se sont pas foulés sur les noms), afin de rejoindre Glade Wharf, et le début effectif de la randonnée.
La Milford Track s’étale sur 53,5 kilomètres répartis sur 4 jours. Elle suit une ancienne trace que les Maoris empruntaient pour récolter de la Takiwai, une formation particulière de pounamu que l’on ne trouve que dans la région de Milford Sound, à l’autre extrémité du périple.

Fjord en vue, capitaine !

La première journée est très brève. En effet, la Clinton Hut, premier refuge du parcours, ne se situe qu’à 5 km à peine. Après avoir traversé la Clinton River à l’aide d’un pont suspendu, nous la longeons afin de gagner notre destination. Cela nous permet de nous familiariser avec l’environnement que nous allons côtoyer ces prochains jours. Nous pénétrons dans une rainforest, une forêt pluviale primaire, largement peuplée de mousses, de fougères, de cours d’eau et de cascades. Dès le début, la randonnée nous en met plein les yeux.

Quatre jours agrémentés par de telles merveilles, il y a pire comme programme

Également sur ce premier tronçon, nous bifurquons légèrement afin de marcher le long de la Clinton Valley Wetland Boardwalk. Cette longue passerelle de bois survole une myriade de mousses et de lichens formant un dégradé de vert, de jaune, d’orange et de rouge.

Ce chemin semble tout droit sorti d’un conte de fées

Arrivé à la Clinton Hut, c’est l’occasion pour nous de faire connaissance avec les autres randonneurs que nous ne manquerons pas de recroiser ces quatre prochains jours. Il est aussi temps de se préoccuper du dîner. Le trek se faisant en autonomie, il faut porter sur soi la nourriture pour les quatre jours, mais également tous nos déchets. Stéphane a préparé un régime très nutritif, riche en protéines, en glucides, en calories et en sucres lents, le tout extrêmement léger et avec un minimum d’emballage. Nos sacs contiennent donc un régiment de fruits à coques, ingrédients pour les sandwichs du midi, de viande séchée, de muesli et de féculents secs. Un seul point à améliorer pour la prochaine fois : le goût. Des pâtes cuisinées dans de la soupe à la tomate définitivement, ça ne passe pas… Encore moins lorsque nous voyons un grand groupe de randonneurs cuisiner des steaks aux champignons.

On recherche d’urgence un nouveau cuisinier !

Pour nous remettre du repas, nous sortons à la nuit tombée, armés de nos frontales, et retournons sur le chemin. Non, nous ne comptons pas faire la seconde étape de nuit, mais seulement nous avancer quelque peu afin de trouver et d’observer des glowworms. Une fois notre lumière éteinte, des dizaines de petits points bleus s’illuminent sous les frondaisons. Les vers luisants nous offrent un spectacle qui rivalise avec la Voie lactée juste au-dessus de nos têtes.

Jour 2 : De Clinton Hut à Mintaro Hut

Le lendemain, nous reprenons la route. L’itinéraire de la journée est simple : il s’agit de remonter la Clinton Valley jusqu’à la Mintaro Hut, afin de réaliser l’ascension du col le jour d’après. En chemin, nous croisons un oisillon fort curieux qui n’hésite pas à s’approcher de nous au point de grimper sur nos chaussures. Il s’agit d’un robin, ou miro rubisole en français, mais ça, nous ne l’apprendrons que bien plus tard. Nous décidons donc de le prénommer Martin. Assez étonnamment, nous retrouverons ce nouveau compagnon de marche à plusieurs reprises au cours de la randonnée.

Bonjour Martin !

Nous traversons toujours la même épaisse forêt de fougères et d’arbres couverts de mousse. L’odeur est, elle aussi, particulièrement agréable, tel un jardin après une nuit de pluie. Au détour d’un virage, la vue s’éclaircit et nous obtenons un aperçu de la longueur de la Clinton Valley au bout de laquelle se trouve notre objectif de demain : la Mackinnon Pass.

On n’est pas rendus

Autre curiosité rencontrée en chemin (outre l’eau, d’un turquoise irréel de la Clinton River) : le Hidden Lake. L’absence de vent rend la surface du lac parfaitement lisse tel un miroir et la falaise couverte de mousse se réfléchit dessus avec une parfaite symétrie. C’est l’endroit rêvé pour y passer le déjeuner.

Un spot parfait pour faire des ricochets

L’après-midi se déroule paisiblement. Notre routine se compose de sublimes cascades, de forêt enchanteresse et de Martin qui nous rend visite de temps à autre. Nous arrivons finalement à Mintaro Hut, notre arrêt pour la nuit.

On ne s’en lasse pas

Jour 3 : De Mintaro Hut à Dumpling Hut

Contrairement à notre première nuit, où les dortoirs sont séparés du bâtiment principal et où nous avons eu cruellement froid, nos lits se trouvent au-dessus de la salle commune. La chaleur du feu de bois nous permet de dormir confortablement.

Les alentours renforcent l’impression de dormir au milieu de nulle part

Le programme de la journée est simple : nous devons traverser le col au fond de la Clinton Valley afin de rejoindre une autre vallée et, pour ce faire, gravir la Mackinnon Pass. Son sommet se situe à seulement 550 m de dénivelé, mais la route permettant d’y accéder est raide.

1 kilomètre à pied, ça use, ça use…

Peu de temps après le début de l’ascension, le changement d’altitude se fait très nettement sentir dans le paysage. La forêt très dense laisse place à une végétation plus alpine, nous ouvrant la vue sur la vallée que nous avons remontée durant deux jours.

Mieux vaut ne rien avoir oublié à la hut précédente

Nous sommes cernés par les montagnes et le ciel est d’un bleu éclatant. C’est après une heure d’effort sous ces paysages magnifiques que nous atteignons le mémorial de l’explorateur Quitin Mackinnon. De là, nous longeons l’arête afin de parvenir au sommet de la Mackinnon Pass. Cet endroit nous offre une vue panoramique sur les montagnes du Fiordland National Park.

Objectif atteint !

Petite anecdote : dans la descente se trouve un abri. Près de ce dernier sont situées des toilettes sèches qui, si l’on y fait son affaire la porte ouverte, offrent le plus beau paysage que l’on peut espérer tout en étant sur le trône.)

On vous laisse deviner d’où cette photo a été prise

Le sentier suit ensuite la courbure du terrain et redescend doucement dans la vallée. C’est à ce moment que nous passons la borne des 17 miles marquant la moitié du trek. Au fur et à mesure que nous diminuons en altitude, la végétation se redensifie et nous nous retrouvons à nouveau au milieu de la rainforest. Nous enchaînons les chutes d’eau, les torrents et les piscines naturelles, les uns après les autres. Les contrastes entre le vert des arbres et le turquoise de l’eau sont saisissants.

On rêverait de pouvoir s’y baigner

C’est entouré cet environnement enchanteur que nous évoluons jusqu’à une bifurcation permettant d’accéder aux Sutherland Falls. Détour que nous empruntons pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de la cascade la plus haute de Nouvelle-Zélande. Effectivement, cette dernière cumule 580 m de chutes, avec 3 sauts successifs de respectivement 248 m, 229 m et 103 m. Vertigineux !

Impossible d’avoir toute la cascade dans le cadre, tant elle est grande

C’est après cette journée de plus de dix heures de marche que nous arrivons à notre 3e et dernier refuge du parcours, la Dumping Hut. Maintenant que nous avons consommé la quasi-totalité de notre nourriture, nos sacs sont sensiblement plus légers et cela ne rend la marche que plus agréable.

Être sous le couvert des arbres par une si belle journée est rafraîchissant

Jour 4 : De Dumpling Hut à Piopiotahi — Milford Sound

Dernier jour ! Bien que ce soit l’étape la plus longue en ce qui concerne la distance, l’itinéraire relativement plat nous permet d’avoir un bon rythme. Le temps est au beau fixe et nous oscillons entre l’observation des monts environnants et la traversée des multiples cours d’eau du parcours.

L’émerveillement après 4 jours reste le même

Outre les très nombreuses cascades, deux curiosités se présentent sur notre chemin. Bell Rock est un rocher avec, comme son nom l’indique, une forme de cloche. Cependant, si d’extérieur il ne s’agit que d’un bon gros caillou, la cloche est une cavité naturelle creusée à l’intérieur. Il y fait agréablement frais ! Sur la route également, alors que nous parcourrons un passage taillé dans une paroi rocheuse, nous pouvons trouver les signatures des ouvriers qui ont réalisé le premier tracé de cette randonnée.

« Échos ! »

La journée se poursuit au rythme des Mackay Falls, Poseidon Creek et autres Giants Gate Falls. À chaque fois, nous ne pouvons être qu’enchantés par la vision que ces endroits nous offrent. Les rochers couverts de mousse d’un vert éclatant, l’eau d’une pureté exceptionnelle et le rugissement tonitruant du courant sont autant de spectacles difficiles à retranscrire à l’écrit.

Future photo de profil Facebook

Sandfly Bay ! Après 4 jours, 3 nuits en refuges et 53,5 km de marche, nous arrivons à Sandfly Bay, la conclusion de ce trek. Outre la joie d’avoir réussi cette épreuve physique, nous avons une vue imprenable sur les fjords de Milford Sound.

We did it!

Même si la randonnée est terminée, l’aventure ne s’arrête pas là. En effet, nous sommes devant une immense étendue d’eau et aucun chemin ne permet de rejoindre la civilisation. Nous empruntons pour cela un bateau qui nous amènera en quelques minutes de navigations au milieu des fjords à Piopiotahi — Milford Sound.

Déjà la fin…

Pour célébrer cette réussite, nous ne voyons qu’une seule solution : des glaces dont nous tairons le nom pour ne pas faire de la pub, DEUX MAGNUMS ALMOND aka les meilleures glaces de l’univers et la parfaite récompense à nos efforts.

Dernière vue pour la route !

Enfin, après un retour en bus à Te Anau, nous trouvons que la journée n’a pas encore été assez longue. Nous partons donc à l’exploration des Te Anau Glowworm Caves, mais nous conterons cette histoire une autre fois. Cela dit, nous vous les conseillons fortement !

Conclusion :

Alors que dire de la Milford Track maintenant que nous l’avons faite ? Est-ce la plus belle randonnée du monde ? Difficile d’y répondre, il nous reste quelques milliers de kilomètres à faire à pied avant d’avoir tous les éléments pour en juger. Cependant, le coût et la difficulté de réservation de ce trek ternissent légèrement le tableau. D’autant plus qu’il est aisé en Nouvelle-Zélande de trouver des randonnées au moins aussi belles et moins contraignantes. Cela dit, il s’agit assurément d’une Great Walk magnifique à travers des paysages uniques et nous garderons un souvenir mémorable de ces quatre derniers jours ! Pour finir, le résumé en image :

 

Pour voir les photos c’est ici.

Mouahahah ! Supriiiiise ! On ne laisse pas bébé dans un coin. Si vous ne venez pas à Patapouf, Patapouf viendra à vous. Finie la rigolade. Trop gros pour venir hein ? Elle est où cette Licorne que je me la fasse ! Je vous ai manqué hein ?

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